Hydrocarbures polycycliques aromatiques (HAP)

Un article de Atlas de dermatologie professionnelle.


Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) comprennent plusieurs centaines de molécules dérivées de la houille ou du pétrole ou de la pyrolyse ou de la combustion incomplète des matières organiques.

L’IARC a classé

- comme cancérogène pour l’homme (groupe 1) le benzo[a]-pyrène (BaP), la gazéification du charbon, la production de coke, la distillation de la houille, le ramonage des cheminées, les travaux de revêtement routier et d’étanchéité aux goudrons de houille et la production d’aluminium ;

- et en probablement cancérogènes pour l’homme (groupe 2A) : le dibenz[a,-h]anthracène, le cyclopenta[cd]pyrène, le dibenzo[a,l]-pyrène , les créosotes, la fabrication d’électrodes de carbone. De plus ils peuvent agir en synergie avec d’autres agents carcinogènes notamment les UV.

Ces substances peuvent être retrouvées en milieu professionnel dans les produits suivants : goudron, créosote, brais de houille, asphalte et bitume (dérivés du pétrole), gaz de fours à coke, huiles minérales usagées, suies, gaz d’échappement, noir de carbone.


Le pouvoir carcinogène humain est très retardé par rapport à l’exposition au toxique (entre 15 et 25 ans).

Cliniquement, ces molécules sont responsables de kératoses, des macules hyperpigmentées, des tumeurs bénignes (papillomes, kérato-acanthomes) au potentiel évolutif important vers des lésions néoplasiques, et des tumeurs malignes (carcinomes baso-cellulaires parfois extrêmement nombreux, carcinomes épidermoïdes) apparaissant de novo ou après l’évolution d’une lésion papillomateuse bénigne. Ces lésions sont situées surtout sur les zones de contact avec le toxique. En cas d’exposition concomitante aux UV, une photodistribution est possible (effet synergique avec les UV) .

Professions exposées : Les principaux secteurs d’activité concernés sont l’usinage et le traitement des métaux avec travaux exposant aux huiles minérales peu ou non raffinées, travaux de ramonage et d’entretien des chaudières et de cheminées (contact avec la suie de combustion de produits pétroliers), les mines et industries extractives, la fonderie sidérurgique notamment les hauts-fourneaux, les cockeries et les usines à gaz avec manipulation fabrication de goudrons, huiles et brais de houille, créosote.


1 : Verrues du brai chez un cheminot qui a manipulé pendant plus de 20 ans de la créosote pour protéger des billes de chemin de fer avec début de dégénérescence de deux lésions en carcinome épidermoïde. Image:braicheminot1.jpg Image:braicheminot2.jpg Image:braicheminot3.jpg

2 : Carcinome épidermoïde chez un employé des chemins de fer peignant avec du créosote. Image:spino2.jpg